les reves

Publié le par islam-ma -vie

 

Les rêves

Le rêve qui se révèle vrai fait partie de la prophétie. A ce propos, il a été rapporté de façon sûre que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« Le rêve qui se révèle vrai fait partie des 46 parties de la prophétie. »
(rapporté par Boukhari 6472 et Mouslim, 4201)

Le rêve marqua le début de la révélation
(faite au Prophète (Boukhari, 2 Mouslim, 231).

Le rapport du rêve à la réalité est fonction de la véracité du rêveur. Ceux dont les rêves se traduisent dans la réalité le plus souvent sont ceux dont le discours est le plus vrai. (Mouslim, 4200).

Au fur et à mesure que l'on se rapproche de la fin des temps, le rêve expriment de mieux en mieux la réalité conformément à l'affirmation du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), en raison de l'éloignement du temps de la Prophétie et de ses effets (immédiats). Le rêve constitue alors une compensation pour les croyants car il leur apporte de bonnes nouvelles, les aide à demeurer patients et les raffermit dans la religion (Boukhari, 6499 et Mouslim, 4200).

Ceci ressemble aux prodiges apparus après le temps des Compagnons et qu'ils n'avaient pas accomplis parce que la solidité de leur foi en les dispensait alors que la faiblesse de la foi des générations postérieures explique leur besoin de ces prodiges.

Les rêves sont de trois sortes : des rêves de source divine, des rêves de source humaine et des rêves de source satanique. A ce propos, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« Le rêve provient de trois sources : il peut être une vision opérée par Allah, ou une attrition provoquée par Satan ou le résultat des pensées qui animent l'intéressé à l'état de veille et se transforment en images au cours du sommeil. »
(Boukhari, 6499 et Mouslim, 4200).

Le rêve des prophètes est une révélation dans la mesure où ils jouissent d'une protection divine contre Satan. Ceci fait l'objet du consensus de la Umma et il explique l'exécution par Abraham d'un ordre d'Allah reçu au cours d'un rêve et qui consiste à égorger son fils Ismaïl (psl).

Les rêves autres que ceux des prophètes doivent être examinés à la lumière de la révélation claire. Si leur contenu y est conforme, on peut l'accepter. Autrement, on le l'applique pas. Voilà une question très dangereuse qui a provoqué l'égarement de beaucoup d'hérétiques soufis et d'autres.

Quiconque veut que ses rêves deviennent une réalité doit s'imposer la véracité, la consommation de biens licites, l'observance des ordres religieux et l'abandon des prescriptions d'Allah et de Son Messager (bénédiction et salut soient sur lui).
En plus,il se met dans un état complet de propreté rituelle, s'orienter vers la qibla au moment de se coucher et répéter le nom d'Allah jusqu'à ce que le sommeil s'empare de lui. Dans ce cas, son rêve manque rarement de se réaliser.

Les rêves les plus susceptibles de se réaliser sont ceux de l'aube. En effet, ce moment constitue l'heure de la descente divine et du rapprochement de la miséricorde, du pardon et le temps de repos des démons. En revanche, le rêve du début de nuit, temps de déploiement des démons et des mauvaises âmes, est le moins susceptibles de se réaliser. Voir pour ce qui précède Madaridj as-Salikine, 1/50-52). Al-Hafiz Ibn Hadjar a dit :

Tous les rêves se regroupent sous deux catégories :

Les rêves qui se révèlent vrais. C'est-à-dire les rêves des prophètes et leurs pieux successeurs. De tels rêves peuvent se retrouver rarement chez d'autres (c'est le cas du rêve du roi infidèle que Joseph (psl) s'est chargé d'interpréter. Le rêve vrai est celui qui se traduit fidèlement dans les réalités.

Le songe qui ne contient aucun avertissement et qui comprend plusieurs sous catégories :

La première représente une manœuvre satanique visant à attrister le rêveur. C'est ainsi qu'on voit sa propre tête coupée poursuivre le rêveur. On voit que l'on est tombé dans un gouffre et ne trouve personne pour apporter du secours, etc.

La deuxième consiste à voir des anges donner l'ordre de se livrer à des actes interdits ou à d'autres pratiques rationnellement impossibles.

La troisième consiste à voir ses propres pensées et souhaits se concrétiser dans le rêve ou voir ce que l'on a l'habitude de faire à l'état de veille ou ce qui préoccupe l'intéressé et arrivera vraisemblablement dans le futur et se passe souvent dans le présent et rarement dans le passé. Voir Fateh al-Bari, 12/352-354).

D'après Abou Said (P.A.a), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« Si l'un de vous fait un rêve qu'il aime, qu'il loue Allah car cela provient de Lui. Si l'un de vous fait un rêve qu'il déteste, cela provient de Satan.
Qu'il demande la protection contre son mal et n'en parle à personne.
Il ne lui apportera aucun préjudice »
(Rapporté par Boukhari, 6584 et Mouslim, 5862).

D'après Abou Qatada (P.A.a), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« Le bon rêve vient d'Allah, et le songe de Satan. Quiconque voit quelque chose qui lui déplaît, doit souffler trois fois à sa gauche, et demander trois fois la protection contre Satan et
changer de côté ».
(Rapporté par Mouslim, 5864)

Ibn Hadjar dit : En somme, ce qui a été dit à propos du bon rêve se résume en trois choses :

a) louer Allah

b) en tirer un bon augure

c) en parler à ses amis à l'exclusion de ceux que l'on aime pas.

Ce qui a été dit à propos du mauvais rêve se résume en quatre choses :

a) demander la protection divine contre le mal qu'il contient ;

b) demander la protection divine contre le mal de Satan ;

c) souffler trois fois à gauche au moment de se réveiller ;

d) ne pas en parler du tout

e) Al-Boukhari mentionne au chapitre intitulé al-qayd fi al-manam (les attaches dans le rêve) une cinquième chose qui est l'accomplissement d'une prière. Voici les termes du hadith :
« Quiconque voit en rêve quelque chose qu'il déteste, qu'il n'en parle à personne et qu'il accomplisse une prière. L'imam Mouslim a rapporté le hadith dans son Sahih selon une chaîne ininterrompue.

f) Mouslim ajoute une sixième chose qui est le changement de côté.

Voilà donc six pratiques à observer complètement. Les quatre premières (cité dans le même hadith) et l'accomplissement de deux rak'a et le changement de côté pour pouvoir dormir sur son dos. Voir Fateh al-bari, 12/370.

Dans le hadith d'Abou Razine rapporté par at-Tarmidhi, on lit :

« Qu'il ne le raconte qu'à un ami ou un homme raisonnable ».

Une autre version dit :

« Qu'il n'en parle qu'à un ami ou à un homme intelligent .»

Une troisième version dit :

« qu'il ne raconte son rêve qu'à un uléma ou à un bon conseiller ».

Al-Qadi Abou Bakr ibn al-Arabi dit :

« Quant au uléma c'est parce qu'il en fait une bonne interprétation dans la mesure du possible. Quant au bon conseiller, il l'oriente vers ce qui lui sera utile. Quant à l'homme intelligent, il s'agit de celui qui en connaît l'interprétation car ou bien il lui apprend ce qu'il en sera en définitive , ou bien il se taira. Quant à l'ami, s'il en sait un bien, il le dira. S'il l'ignore ou est en butte à des doutes,
il se tait. »
Voir Fateh al-Bari, 12/369.

Al-imam al-Baghawi a dit :

« Sachez que l'interprétation comporte des sections. Car elle peut s'appuyer sur des références comprises dans le Coran, la Sunna ou les proverbes courants. L'interprétation peut aussi porter sur les noms et les sens. Elle peut également être fondée sur l'antinomie et l'inversion, c'est-à-dire l'usage des contraires. » Voir Sharh as-Sunna, 12/220).

Al-Baghawi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a cité des exemples parmi lesquels les suivants :

- L'interprétation s'appuyant sur des indications tirées du Coran est comme le fait de considérer la corde comme un symbole de l'engagement conformément au propos du Très Haut :
« Cramponnez-vous à la corde d'Allah ».

- L'interprétation avec des indications tirées de la Sunna c'est comme le fait de considérer le corbeau comme le symbole d'un homme dévoyé, car le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
a qualifié le corbeau de dévoyé.

- L'interprétation à l'aide des proverbes, c'est comme le fait de dire que creuser un fossé signifie ruser. Car le proverbe dit : « Quiconque creuse un fossé y tombera »

- L'interprétation par l'usage de noms.
C'est comme le fait de tirer un bon augure du fait de voir en rêve un homme appelé Rashid qui signifie raisonnable.

- L'interprétation par l'antinomie et l'inversion, c'est comme la peur qui traduit la sécurité par référence aux propos du Très Haut :
« Il substituera la sécurité à leur peur ».

Quant au livre intitulé Tafsir al-Manam (interprétation des rêves) attribué à Ibn Sirine, beaucoup de chercheurs mettent en doute cette attribution. C'est pourquoi il n'est pas possible de l'attribuer résolument à ce savant imam.

Il faut tout d'abord savoir que, d'après les sources musulmanes, les rêves sont de plusieurs types.
Le Prophète (sur lui la paix) a dit : "Le rêve est de trois sortes : il y a le rêve véridique ; il y a le rêve où l'homme converse avec son âme ; et il y a le rêve qui cause de l'effroi ("tahzîn"), provenant du diable" (rapporté par At-Tirmidhî, n° 2280).

1) "Le rêve où l'homme converse avec son âme" décrit ce que la psychanalyse contemporaine connaît bien : les messages du subconscient humain. L'homme voit en rêve ce qui, pendant l'état de veille, l'a marqué. L'homme voit également en rêve ce qu'il essaie de refouler, et ce genre de rêves peuvent lui révéler une part de ses désirs inavoués.

2) "Le rêve qui cause de l'effroi, provenant du diable," est le cauchemar. Il est provoqué, selon les mots du Prophète, par le démon, qui trouve là un moyen supplémentaire pour pouvoir troubler l'homme. On ne doit accorder, selon l'enseignement du Prophète, aucune importance à ce genre de rêves, et c'est pourquoi cela ne sert à rien de le raconter. Ainsi, à un homme venu lui raconter qu'il avait vu en rêve que sa tête s'en allait et qu'il essayait de la rattraper, le Prophète dit : "Lorsque le diable se joue de toi dans ton rêve, ne le raconte pas" (rapporté par Msulim, n° 2268). Si on fait de tels rêves, il faut entre autres demander à Dieu Sa protection contre le démon et ne le raconter à personne (rapporté par Al-Bukhârî et Muslim).

Pour ces deux types de rêves (rêve purement psychique et cauchemar), il n'y a pas d'interprétation religieuse (ta'bîr)
(Hujjat ullâh il-bâligha, tome 2 p. 531).

3) Seul "le rêve véridique" est sujet à interprétation religieuse.
Ce type de rêve est constitué :
- du rêve qui contient une indication venant réellement de Dieu,
- du rêve prémonitoire,
- du rêve télépathique,
- etc.
En aucun cas il ne s'agit de se baser sur un rêve pour en vouloir à quelqu'un (parce qu'en rêve on aurait vu à son sujet quelque chose de déplaisant), ni pour établir ce qui est interdit, permis ou obligatoire (bref pas pour établir des règles – ahkâm). Prendre ce genre de rêve en compte veut dire que l'on peut en tenir compte dans la mesure où il nous donnerait une indication supplémentaire, dans tout cas ne contredisant aucun principe établi.

Le rêve véridique peut être plaisant et constituer une bonne nouvelle ("bushrâ"). Mais il peut aussi, selon al-Hakîm at-Tirmidhî, être déplaisant et constituer un avertissement ("indhâr") ou un reproche ("mu'âtaba") (Fat'h ul-bârî, tome 12 p. 465). Le Prophète lui-même a vu un rêve véridique qui lui a été déplaisant (il s'agissait d'un événement futur ; il a raconté : "Alors que je dormais, (...), j'ai vu qu'on a placé devant moi deux bracelets en or ; cela m'a été déplaisant.
On m'a donné la permission de souffler sur eux ; je l'ai fait et ils se sont envolés."
Le Prophète saws a ensuite interprété ce rêve comme étant l'annonciation des deux imposteurs qui devaient apparaître de son vivant : l'un au Yémen et l'autre à al-Yamama (rapporté par al-Bukhârî, n° 4118). Mais même quand il est déplaisant, le rêve véridique reste différent du cauchemar, ce dernier ne constituant qu'une scène d'effroi et d'affliction, à l'exemple de ces rêves où le dormeur se voit en train d'essayer de fuir ou de hurler.

Comment l'islam explique-t-il les rêves prémonitoires ? Pendant le sommeil, l'âme se trouve dans un état différent de celui où elle se trouve pendant l'état de veille, conformément à ce que Dieu en a dit dans le Coran :
"Dieu prend les âmes au moment de leur mort, ainsi que l'âme qui n'est pas morte pendant son sommeil. Il garde alors celle au sujet de laquelle
Il a décrété la mort et renvoie l'autre jusqu'à un terme fixé..." (Coran). Après notre mort nous irons dans le monde de l'étape (al-barzakh), mais pour le moment, nous vivons dans le monde que nous connaissons (ad-dunyâ). Or Dieu a créé une dimension où les actions que l'on fait prennent forme et où ce qui va arriver dans ce monde y prend d'abord forme également. C'est ce que Shâh Waliyyullâh a nommé "'âlam al-mithâl" ("le monde de la représentation")
(Hujjat ullâh il-bâligha, tome 1 pp. 51-56).
C'est bien pourquoi une fois, le Prophète Muhammad (sur lui la paix) à qui, Dieu montrait parfois en état de veille aussi certaines des choses de ce monde de la représentation, dit à ses Compagnons : "Voyez-vous ce que je vois ?
Je vois les troubles (fitan) tomber dans vos maisons comme la pluie" (rapporté par Al-Bukhârî et Muslim). Or, il arrive parfois à certaines personnes que leur âme, pendant leur sommeil, voit certaines de ces choses se déroulant dans ce monde de la représentation ("'âlam al-mithâl"). C'est l'origine des rêves prémonitoires.
Le Prophète a ainsi vu en rêve l'apparition des deux imposteurs (comme nous l'avons vu plus haut). Il a aussi vu un rêve, alors qu'il était encore à La Mecque, qu'il émigrerait vers une terre où se trouvaient des dattiers, mais il avait cru qu'il s'agissait de la ville de al-Yamâma ou de celle de Hajar ; les faits lui montrèrent ensuite qu'il était en fait question de la ville de Yathrib, celle qui devait ensuite s'appeler Médine
(rapporté par Al-Bukhârî et Muslim).

Un autre type de rêve véridique est celui où l'on voit la représentation d'un acte, vertueux ou mauvais. Il s'agit apparemment, ici encore, du fait que l'âme du dormeur a des aperçus de scène du monde de la représentation ("'âlam al-mithâl"). Umm al-Alâ vint ainsi raconter au Prophète qu'elle avait vu en rêve que Uthmân ibn Maz'ûn, décédé, avait une source qui coulait.
Le Prophète dit : "C'est son action qui continue pour lui" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 6615). Uthmân avait fait un acte vertueux dont les effets continuent sur terre après la mort (voir Al-Fat'h, commentaire de ce Hadîth).

Interprétation des rêves :

Nous avons vu plus haut que seul le "rêve véridique" était à interpréter. L'interprétation des rêves est une science, et le Prophète a dit qu'il ne fallait pas interpréter les rêves n'importe comment (voir Fat'h ul-bârî, tome 12 pp. 539-541). L'interprétation repose sur la compréhension du symbolisme : quelle chose vue dans le rêve représente quelle chose dans la réalité ?
Ce symbolisme a des aspects qui sont universels et d'autres qui sont régionaux, car liés aux cultures (voir Hujjat ullâh i-bâligha, tome 1 p. 263).

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